DECOUVRIR AUTREMENT LA REGION DU KILIMANJARO (AVEC LES LOCAUX ET A PETIT BUDGET)

DECOUVRIR AUTREMENT LA REGION DU KILIMANJARO (AVEC LES LOCAUX ET A PETIT BUDGET)

La Tanzanie, un des pays d’Afrique de l’est les plus prisés. Entre les plages de sable fin de Zanzibar, la célèbre réserve nationale du Serengeti et le Kilimanjaro, la grande difficulté est de faire son choix car il est impossible de tout voir.
Et quand bien même vous auriez tout le temps du monde, vous risquez d’être découragés par le budget requis pour chacune de ces activités. Car comme souvent dans cette partie du monde, les prix sont complètement fous.
Ainsi, comptez minimum 800$ pour un safari de 4 jours dans le Serengetti en passant par le cratère du Ngorogoro (point de passage obligé vers le plus fameux parc d’Afrique).
Quand au Kili, parlons-en… le plus haut sommet d’Afrique (5.895m) attire évidemment les foules. Il est en effet le seul sommet continental accessible sans expérience prealable en alpinisme.
Un beau trophée qui a son prix: comptez environ 1400$ pour l’ascension en 6 jours.
Il y a aussi une option en 5 jours (via Marangu) mais elle est peu recommendable, pour la simple et bonne raison que le Kilimanjaro est un incroyable volcan surplombant les plaines de 5.000m, et vous devrez donc gagner ces 5.000m d’altitude en seulement 4 jours, ce que tout guide de montagne qui se respecte considérera comme de la pure folie (d’ailleurs, même en 6 jours, le taux de reussite est très faible au vu du mal d’altitude).
Personellement, je trouve le prix excessif (il y a de bien meilleures options de randonnées et de grimpette dans les Andes et les Himalayas, avec des vues qui me paraissent plus impressionantes et pour une fraction du prix). Et si au moins les fonds récoltés beneficiaient aux communautés locales… Car il faut savoir que des 1400$ récoltés, plus de la moitié va directement dans la poche de politiciens corrompus…
Bref, ayant décidé de faire meilleur usage de mes deniers, je réflechissais aux options disponibles pour profiter de la région sans devoir franchir les limites du parc national, installé tranquillement à la terrasse d’un restaurant de Moshi (la ville la plus proche du Kilimanjaro).
Je me suis mis à tailler la causette avec un sympathique serveur. Ce dernier étant du coin, il a tout de suite proposé de me faire decouvrir les alentours.
Aussitôt dit, aussitôt fait: le lendemain matin, nous partons en transport local jusque le village de Marangu, l’une des 2 portes d’entrée du parc national du Kilimanjaro. De la route principale, nous empruntons un petit chemin qui bifurque sur la gauche. De là, nous pénétrons dans une dense forêt tropicale: les pentes du kilimanjaro avec ses nombreux microclimats sont le réservoir d’une incroyable diversité de faune et de flore. Elles sont aussi propices à tout type de culture… Et ainsi nous nous retrouvons dans des plantations de café dont sont extraits des grains à la renommée mondiale.
Au détour d’un chemin, nous parvenons à une superbe chute d’eau… Avant de descendre pour l’examiner de plus près, on me demande de m’acquitter de la taxe « muzungu » (surnom semi-affectueux/semi-dépréciatif donné aux  blancs dans cette partie du monde). 2000 shillings, soit moins de 1€, c’est de bonne guerre!
La première cascade
Après une courte halte et une seance photos avec mon nouvel ami, nous reprenons notre route. Nous nous arrêtons chez de braves gens qui ont décidé de construire un espace dédié aux ethnies locales et à leur mode de vie. Ainsi, il est possible de pénétrer dans diverses petites huttes typiques et de se faire une idée du quotidien des locaux. Le tout sans une sensation de voyeurisme excessif comme c’est souvent le cas dans ce genre de situation.
Hutte traditionnelle
Ici, point de droit d’entrée, on consomme simplement l’un ou l’autre délicieux café local en discutant et l’on achète un des souvenirs exposés pour remercier notre hôte. Nous en profitons egalement pour nous restaurer: au menu, un « ugali » de circonstance (semoule de maïs typique de nombreux pays africains).
Nous poursuivons ensuite notre chemin dans les plantations de café avant de pénétrer à nouveau dans la forêt tropicale, jusqu’à atteindre une 2e chute d’eau perdue au milieu de la jungle. Celle-ci est encore plus sublime que la première, et les environs sauvages rajoutent à la beauté de l’endroit.
Une magnifique chute apparait au milieu de la verdure…
Nous revenons ensuite tranquillement jusqu’à la route principale pour reprendre un bus local qui nous ramènera tranquillement jusqu’à Moshi en environ 1 heure.
Le bilan de la journée est très positif. Non seulement j’ai pu decouvrir les superbes alentours du Kilimanjaro, mais j’ai aussi pu en aprendre plus sur les ethnies de cette partie du monde ainsi que sur la vie quotidienne des tanzaniens grâce aux conversations avec mon guide du jour.
Au niveau financier, mise à part que le budget est dérisoire en comparaison avec l’ascension du Kilimanjaro, c’est surtout l’aspect étique qui me donne entière satisfaction. Ainsi, plutôt que de goinfrer l’estomac déjà bien rempli du gouvernement, les deniers dépensés vont directement aux communautés locales, qui sont celles qui en ont le plus besoin. Les locaux essaient de s’organiser pour eux aussi profiter de la manne touristique, qui est tellement injustement repartie en Afrique de l’Est. Et il me semble être de notre devoir de les aider.
Pour trouver un guide, n’hésitez pas à demander aux alentours, et fiez-vous à votre instinct. Nous avions trouvé un bon arrangement avec le mien: je lui payais bien entendu tout ses deplacements, ses repas et quelques bières improvisées en milieu d’après-midi, plus un pourboire de 15$ (qui est supérieur à son salaire quotidien comme serveur). Au final une journée conviviale, une superbe occasion de partager la vie des locaux (la bière aide a percer leurs plus grands secrets 😉
Comptez donc environ 40$ pour la journée (8$ pour les transports, 10$ pour les repas (nourriture locale), 15$ pour le guide, 1$ pour les chutes d’eau… A cela s’ajoute un budget très variable pour la bière en fin de journée. Vous pouvez bien sûr explorer le site par vous meme, c’est d’ailleurs mon mode de voyage préféré, mais je dois reconnaître que je serais passé a côte de pas mal d’endroits charmants si je m’étais abstenu de faire appel à mon guide local… Et puis y a rien à faire: vous serez toujours mieux considéré si vous etes accompagné d’un local.
INFO PRATIQUE:
  • LOGEMENT:
A Moshi, il n’y a pas trop d’options d’hébergement (la voisine Arusha, plus grande et plus proche du Serengetti, capte l’essentiel des touristes de la région et offre bien plus d’alternatives).
Personellement, je me suis logé à l’auberge « Rafiki Backpakers ». Ambiance sympa. Lit en dortoir à 10 dollars. Ils proposent aussi des tours sur les pentes du Kilimanjaro (plantations de café, etc.), mais évidemment le prix est bien plus élevé…
  • TRANSPORTS
Pour vous rendre à Moshi:
– soit en bus depuis Dar Es Salaam (comptez minimum 10 heures et le billet coûte environ 12 dollars… mais attention, c’est un vrai foutoir pour acheter les billets à la « gare de bus » de Dar et les arnaques sont légion)
– soit en avion (l’aéroport du Kilimanjaro se trouve à 30km de Moshi). Il existe un service de navettes depuis Moshi avec départ en début de matinée (confirmer l’horaire au préalable): bien pratique pour environ 10$. Le vol A/R revient à 125$ avec la compagnie fast jet.
L’avantage de l’avion: la rapidité… et les superbes vues sur le Kilimanjaro!
Pour vous déplacer dans Moshi et ses environs (Machame, Marangu et Arusha), rendez-vous au « bus stand » qui se trouve en plein centre dans la rue Mawenzi, à deux pas du parc Uhuru. Vous trouverez également un centre commercial bien fourni à côté de la gare routière.
Finalement, pour une superbe vue sur le Kilimanjaro, je recommande le point de vue offert depuis les installations du YMCA (mouvement de jeunesse chrétien, ne me demandez pas comment je m’y suis retrouvé, ce n’est qu’après que j’ai appris la signification de ces lettres) situées à Kibu Road (un peu en dehors du centre). Le coucher de soleil y est divin!
Pour profiter au mieux des vues sur la montagne, il faut tenir compte de la période de l’année. Ainsi en mai (quand j’y étais), les vues étaient dégagées uniquement en fin de journée. A d’autres périodes de l’année, ce n’est qu’au soleil levant…
En tout cas, admirer le coucher du soleil sur ce volcan au nom mythique, qui domine les environs de plus de 5.000m, est une expérience inoubliable… Que je vous conseille vivement!
La superbe vue au coucher du soleil depuis le YMCA

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